Après des siècles "d'anarchie", on assista à un début de structuration du jeu de boule
vers 1880. Tout doucement, les joueurs s'accordèrent entre eux pour constituer des
équipes, créer des sociétés.
Pour la première fois, les 3, 4 et 5 juin 1894 un concours dûment réglementé eut lieu
cours du Midi (aujourd'hui cours de Verdun) à Lyon. Sur 63 jeux évoluèrent 1200 joueurs.
Pour Pâques 1900 eut lieu le 1er concours place Bellecour à Lyon. Puis c'est à la Pentecôte
que ce célèbre concours continue de perpétuer chaque année la tradition bouliste.
 
 
Le 28 mars 1922 naquit la 1ère autorité centrale des boules lyonnaises : U.N.F.B
L'Union Nationale des Fédérations Boulistes.
En 1924, cette UNFB organise les premiers championnats de France, à Lyon, bien
évidemment. Il n'existait alors qu'une seule catégorie, et pas encore de licences :
une carte d'identité, avec photo et nom de la société, suffisait.
C'est en 1927, que l'on crée une véritable licence bouliste. (voir photo ci-dessous)
 
 
Ces "Commandements du Parfait Bouliste" datent de 1925.
J'espère que vous les appliquez toujours. De sources sûres,  je sais qu'au moins
 les derniers vers sont toujours respectés.
 
Le sport boule tu pratiqueras
Afin de vivre longuement.
 
A faire des biberons t'appliqueras
et des carreaux pareillement.
 
Aucune partie ne perdras
si tu joues adroitement.
 
Si aucun point ne fera,
ce qui arrive malheureusement
 
A Dame Fanny tu baiseras
Le derrière dévotement.
 
Et ton chagrin tu noieras
Dans le pinard, naturellement.
 
 
(Les commandements du parfait bouliste)
            du 1er février 1925
 
Au joueur malheureux, comme au chasseur bredouille,
Il reste un doux espoir, quand le match est fini :
C'est d'embrasser, ému, la superbe citrouille
Qu'offre au vaincu "l'envers" dodu de la Fanny.
O vaincu, console toi en cette belle Messaline
Qu'une nouvelle vigueur s'inspire des formes divines
De ta revanche heureuse, tu deviendras le vainqueur
Et tes succès futurs te feront gagner son coeur.
 
Un petit mot sur cette "Fanny" qui fait tant fantasmer les boulistes : et bien messieurs, Fanny a existé.
De son vrai nom, Fanny Dubriand, était la fille d'honorables commerçants lyonnais de la fin du XIXème siècle.
Au grand désespoir de ses parents, cette jolie jeune fille se néglige, traîne toute la journée, dort souvent
à la belle étoile, bref une SDF avant la lettre. Elle vit un peu de chapardage, un peu de mendicité et
aussi de ses charmes. Les jeux de boules l'attirent aussi, pas pour les boules, mais pour les hommes
qui s'amassent ici et ne manquent pas de générosité.
C'est ainsi qu'un jour, on voulut donner un gage à une équipe qui n'avait pu marquer un seul point.
Fanny est là, qui tourne autour d'eux. Et devant chacun des "malheureux" perdants, elle se tourne,
soulève ses jupes et les rabat aussitôt. Vision fugitive qui lui vaut quelques sous. Presque chaque
jour, Fanny revient vers les boulistes du Clos Jouve. Lorsque le compteur reste à zéro, Fanny est là,
pour le... revers de la médaille. Ainsi, on "voit Fanny", ça ne coûte pas cher, c'est amusant et ça
devient une habitude.
        
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